Sarah Kane

(1971-1999)

 

née le 3 février 1971 à Brentwood (Essex)

suicidée le 20 février 1999

site de S.K.

L'Amour de Phèdre, en 1996

Purifiés monté par Krzysztof Warlikowski en 1999


Skin

(court métrage)

11 minutes, couleur, GB, 1995
Réalisation : Vincent o'connell
Scénario : Sarah Kane
Acteurs : Rose Marcia, Ewen Bremner

Élevée dans une famille catholique profondément croyante, elle termine ses études universitaires (à Bristol et Birmingham) en art dramatique par la création de sa première pièce, Anéantis (Blasted), au Royal Court de Londres, en 1995. Elle y présente des images provocantes et pose des questions relatives aux atrocités de notre monde souvent barbare : un viol « domestique » commis en Angleterre détruit-il autant que le viol en masse considéré comme arme de guerre ? Issue de la classe moyenne, Sarah en connaissait les vicissitudes et, sans doute à cause de ses parents journalistes, elle savait que l'aspect scabreux des faits divers nourrit l'imaginaire des spectateurs. Qualifiée de « mauvaise fille du théâtre britannique », cette écorchée vive préférait risquer une overdose de brutalité au théâtre plutôt que dans la vie.

Elle met en scène sa deuxième pièce L'Amour de Phèdre au Gate Theatre à Londres puis en octobre Woyzeck de Büchner. Sa troisième pièce Purifiés fut créée au Royal Court Theatre en 1998. La même année, plus précisément à l'occasion du festival d'Edimbourg en août 1998, a eu lieu la création de Manque, sa dernière pièce.

Son œuvre ultime, 4.48 Psychose (article en anglais), a été créée après sa mort. À travers une forme chaotique et des fractures dans ses récits, elle a révolutionné le théâtre contemporain et ses pièces ont été jouées à travers toute l'Europe. L'œuvre de sa courte vie compte cinq pièces qui portent la marque de la cruauté et de l'amour.




Edward Bond disait de Sarah Kane qu'elle devait affronter "l'implacable" : "On ne peut retarder la confrontation que si l'on est certain qu'elle aura lieu à un moment donné. sinon elle s'esquivera. Tout ce que faisait Sarah Kane avait de l'autorité. pensant que la confrontation ne pourrait peut-être pas avoir lieu dans notre théâtre [...] et ne pouvant pas prendre le risque d'attendre, elle l'a représentée ailleurs. les moyens d'affronter l'implacable sont la mort, les toilettes et les lacets de chaussures. Ils sont le commentaire qu'elle avait fait sur la perte de sens de notre théâtre, de nos vies et de nos faux dieux. sa mort est la première mort du XXIème siècle."

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